6.12.2024
Les jardins du Pré Gaudry à Lyon sont un exemple emblématique de renaturation urbaine innovante. Le site industriel abandonné a retrouvé la vie. Au cœur d’un quartier dense et de son nouveau campus, il est devenu nouvelle destination, oasis urbaine de proximité, lieu de pause et de fraicheur.
Les concepteurs ont pris le parti d’une végétalisation forte et abondante. Les îlots boisés s’entremêlent avec des cheminements doux, une grande pelouse libre et un riche maillage de lieux à vivre. Sous une généreuse canopée, l’espace est optimisé, multipliant les ambiances et les usages.
La volonté partagée de concevoir un aménagement économe en ressource a conduit à privilégier l’économie circulaire et la fertilisation in-situ des sols. L’intelligence collective et l’enthousiasme créatif des acteurs du projet ont permis d’expérimenter de nouvelles techniques de réutilisation et redynamisation des terres inertes pour les transformer en sol vivant et fertile.
A l’heure de l’urgence climatique et de la nécessaire résilience de nos villes, les jardins de Pré Gaudry constituent ainsi un véritable laboratoire à ciel ouvert de la renaturation des friches urbaines en îlots de fraîcheur et de biodiversité.
Sur cette ancienne parcelle industrielle, la Métropole de Lyon a programmé deux équipements éducatifs importants : un nouveau collège de quartier, qui accueille 600 élèves et l’EM Business School, fréquentée par 5000 étudiants et enseignants.
Un espace apaisé
Plus qu’un simple parvis pour relier ces deux établissements et gérer les flux et l’accueil, l’ambition a été de créer pour ce nouveau campus un véritable jardin, un lieu de pause et de fraicheur, une nouvelle destination au cœur des quartiers denses de Gerland.
Espaces nature à vivre
Conçus pour ralentir le rythme urbain, les jardins de Pré Gaudry font la part belle au végétal, îlots boisés et massifs arbustifs, grande pelouse et cheminements doux, sans oublier les arbres de haute tige, densément plantés.
La conception de l’espace démultiplie les ambiances et les lieux à vivre, elle favorise l’appropriation et le confort. Les aménagements invitent à profiter des espaces conviviaux et multi-générationnels : grande prairie, solarium, salons végétalisés, grande table pour pique-niques, espaces de travail extérieur. La conception d’ensemble a su préserver le besoin de « voir et être vu », afin de préserver le sentiment de sécurité.
La force de ce projet a été de miser sur la réhabilitation des sols. Souvent négligés, les sols jouent pourtant un rôle primordial pour protéger et restaurer la biodiversité.
Une usine à terre
D’un côté un sol d’origine compacté et stérilisé. De l’autre côté, le refus d’apporter de la terre extérieure. Comment réussir alors à créer un jardin fortement végétalisé ? La seule option était de reconstituer et refertiliser les sols in-situ, un processus en plusieurs étapes: d’abord cribler et concasser les limons pour éliminer les rhizomes de Reynoutria japonica, plante invasive présente, puis composter sur site, enfin fertiliser par engrais verts. Quelques mois ont suffi pour produire ainsi le substrat nécessaire à l’ensemble du jardin.
Biodynamiser les arbres isolés
La biodynamisation des arbres isolés a ensuite permis d’augmenter le potentiel biologique des sols : des bactéries et/ou souches mycorhiziennes relevées sur place ont été répliquées en laboratoire puis inoculées au pied des arbres plantés.
Paillage vivant dans les massifs
Pour développer la vie du sol, augmenter sa capacité de rétention en eau et mieux protéger les plantations, un paillage vivant expérimental a été mis en place dans tous les massifs plantés : 3 types de lombriciens ont été apportés (inoculés) dans le sol.
Ombre et fraicheur
L’ambition partagée de faire du jardin de Pré Gaudry un îlot de fraîcheur de proximité au cœur de la Métropole a nécessité de travailler sur plusieurs fronts : un coefficient d’ombrage élevé, la désimperméabilisation complète des sols, l’infiltration des eaux pluviales sur tous les massifs jardinés et pelouses, un substrat continu, assurant la continuité de la trame brune sur toute la surface du jardin et la constitution d’un milieu complet avec trois strates de plantation : herbacées, arbustives et arborées.
La réalisation de cet îlot de fraîcheur a fait la part très belle au végétal : une canopée de 174 arbres plantés, un coefficient d’ombrage élevé et 5 600 m² de surface végétalisée, soit la moitié de l’espace réalisé.
Préserver l’eau
Le projet repose par ailleurs sur une gestion exemplaire de la ressource en eau, avec notamment des systèmes de récupération et d’infiltration des eaux pluviales, ainsi qu’un arrosage par submersion optimisé pour réduire le stress hydrique des plantes. 100% des eaux pluviales sont récupérées par infiltration des sols.
Trame brune
Enfin, la mise en œuvre d’une trame brune continue sur la totalité du jardin favorise la biodiversité et permet de ralentir le cycle de l’eau.
Un véritable îlot de fraîcheur
Les Jardins du Pré Gaudry ont été conçus, avec le soutien de l’Agence de l’eau, comme un îlot de fraicheur propice au ressourcement des élèves, étudiants et habitants du quartier. Ils constituent un milieu naturel complet avec trois hauteurs de plantations et sont en mesure de donner beaucoup d’ombre en été.
Un cadre de vie apaisé
Le cheminement principal est complété de contre allées plus intimes à travers les massifs qui conduisent à de nombreux coins de détente et de repos. Le temps de la pause déjeuner, pour travailler sur la grande table extérieure entre deux cours, en attendant un ami ou en discutant avec un parent : la qualité des espaces paysagers forme un environnement calme et sécurisant pour tout le monde. La grande pelouse sud est un véritable espace de liberté. Elle conduit doucement vers l’allée Fontenay qui progresse au cœur de Gerland comme un poumon vert : c’est un cheminement privilégié pour les piétons, les poussettes et les personnes à mobilité réduite.
La palette végétale des Jardins de Pré-Gaudry est constituée de trois strates : arborée, arbustive et vivaces/couvres-sol. Elle est issue d’une recherche sur les biotopes locaux de la région lyonnaise. Les végétaux sélectionnés sont pour la plupart indigènes, à part quelques exceptions, lorsque qu’un autre cultivar de même espèce présentait des caractéristiques morphologiques ou d’adaptation supérieures. Enfin quelques végétaux plus horticoles ou méditerranéens ont été ajoutés pour créer un intérêt toute l’année ou pour augmenter la biodiversité.
En plus des arbres tiges, des lignes d’arbres fastigiés en 30/35 viennent ponctuer le parcours. Leurs ports élancés en feront de véritables marqueurs de l’espace.
Les végétaux ont été fournis par des pépinières régionales.
En chiffres : 174 arbres plantés, 731 baliveaux, 1670 arbustes, 21 000 vivaces.
Création in-situ de terres fertiles
L’économie circulaire est au cœur du projet, avec un recyclage des sols en place, sans apport de terre extérieure. Le sol, autrefois stérile et compacté, a été régénéré grâce à une fertilisation in situ. La création d’un substrat fertile et continu permet le développement des racines et renforce la trame brune du jardin.
Des matériaux simples
Pour réduire les coûts d’entretien, les matériaux sélectionnés ont été choisis pour leur simplicité (béton, stabilisé).
Les jardins de Pré Gaudry à Lyon sont une illustration emblématique des réponses pratiques apportées par les infrastructures végétales aux problématiques urbaines actuelles : réponse aux enjeux climatiques, restauration et préservation de la biodiversité, restauration de cycle de l’eau, amélioration du cadre de vie, renforcement des liens sociaux, attractivité du territoire, bien-être des utilisateurs…
Au-delà de la demande initiale
La proposition d’aménagement retenue a largement dépassé la demande initiale, qui portait d’une part sur l’aménagement d’un parvis pour relier le nouveau collège et les nouveaux bâtiments de l’EM Lyon Business School, d’autre part sur le prolongement de l’Allée de Fontenay, axe structurant des quartiers Gerland.
Pièce de nature urbaine
La vision retenue était beaucoup plus ambitieuse. Non contente de se limiter à la gestion des flux piétons, elle a transformé l’esplanade en un véritable jardin et îlot de fraicheur. L’espace est devenu un lieu de vie, de détente et de nature, une nouvelle destination attractive. Ce jardin urbain, avec ses îlots boisés, sa grande pelouse de 2 500 m², et ses espaces de rencontre, offre une respiration au cœur des quartiers densément urbanisés de Gerland.
Démultiplier les usages
La conception démultiplie les usages, les lieux, les situations, proposant un maillage d’espaces conviviaux et multi-générationnels : salons de nature, tablée géante de 22 mètres, nombreux bancs qui encadrent les parvis des écoles, cheminements doux (« traboules lyonnaises »), gradins ouverts sur la pelouse, immense transat de 12 m de long à la grande prairie…
Le végétal en majesté
Ce qui frappe dans ce projet, c’est la place donnée ici aux végétaux : la moitié de l’espace est végétalisé et la forte présence des 174 arbres forme une canopée bienfaisante.
En plus des arbres tiges, des lignes d’arbres fastigiés en 30/35 ponctuent le parcours. Leurs ports élancés en feront de véritables marqueurs de l’espace. Plantés en alignement, ils reprennent les lignes directrices du projet.
Composées des strates arbustives et vivaces/couvres-sol, les strates basses offrent un jeu d’ouvertures et de fermetures visuelles. Elles participent à créer des fenêtres et des points d’appels tout au long de l’aménagement. Ces ouvertures permettent également la mise en sécurité des salons au cœur des massifs.
Par leurs floraisons, la couleur de leurs feuilles ou encore la texture de leurs bois, les espèces sélectionnées animent l’espace durant les quatre saisons.
Régénérer les sols
Pour limiter la consommation des ressources naturelles, les principes de l’économie circulaire sont au cœur du projet. Les sols d’origine, stériles et compactés, ont pu être régénérés grâce la combinaison de plusieurs techniques de fertilisation in-situ (compostage, biodynamisation, paillage de lombrics). Le substrat fertile ainsi produit a permis d’éviter tout apport extérieur de terre, préservant autant de terres agricoles.
Préserver la ressource en eau
L’objectif de n’avoir aucun rejet au réseau d’eaux pluviales a déterminé la conception des espaces publics : surfaces perméables maximisées, création de fosses continues, conception de massifs paysagers encaissés avec zone de stockage ; la grande pelouse est aussi un jardin de pluie et des fosses de Stockholm permettent l’infiltration des eaux pluviales tout en favorisant le développement racinaire des arbres.
Les sondes tensiométriques permettent en complément de réduire considérablement les arrosages.
Rafraichir la ville
L’ambition initiale de créer un îlot de fraîcheur de proximité au cœur de la Métropole a orienté les objectifs à atteindre : coefficient d’ombrage élevé, désimperméabilisation complète des sols, rétention & infiltration des eaux pluviales sur l’ensemble des massifs jardinés et pelouses, substrat continu, pour une trame brune continue sur toute la surface du jardin, constitution d’un milieu complet avec ses trois strates de plantation : herbacées, arbustives et arborées.
L’approche durable et frugale de l’ensemble du projet a permis de réduire significativement les interventions d’entretien et les risques de dépérissement des végétaux.
Récupérer les eaux pluviales
L’objectif était de n’avoir aucun rejet d’eaux pluviales au réseau. Les surfaces perméables ont donc été maximisées : création de fosses continues et conception de massifs paysagers encaissés avec zone de stockage. Le trop-plein naturel est dirigé vers la grande pelouse, conçue comme un jardin de pluie. Sur la voirie, des fosses de Stockholm permettent l’infiltration des eaux pluviales et favorisent le développement racinaire des arbres.
Limiter les arrosages
Des sondes tensiométriques au niveau des arbres optimisent l’arrosage, le déclenchant avant que l’arbre ne soit en stress hydrique. Les végétaux bénéficient ainsi d’un meilleur enracinement et sont moins soumis aux variations de températures.
Peu d’entretien
La qualité des soins initiaux apportés au sol a permis de réduire les risques de perte des végétaux, tandis que la conception de massifs extensifs limitait les besoins d’interventions : palette végétale résiliente, prise en compte du développement à long terme des végétaux, mise en place d’un paillage. De plus, l’entretien du projet a été intégré dès le départ du projet (3 ans par l’entreprise, puis relais par les équipes de la ville).
Le projet de réhabilitation des jardins de Pré Gaudry se distingue par son caractère profondément innovant, en tant que laboratoire à ciel ouvert dédié à la reconquête des sols dégradés en milieu urbain. Il repose sur une démarche de co-construction et une ingénierie pédologique de pointe, visant à revitaliser un sol stérile en créant un anthroposol vivant et fertile, en limitant les apports extérieurs.
L’un des aspects les plus novateurs de ce projet est l’approche multidisciplinaire et locale de la refertilisation des terres. La désimperméabilisation complète des sols, combinée à des techniques avancées telles que le traitement mécanique de la renouée du Japon sur place, l’inoculation de lombrics et de bactéries, et la gestion intégrée des eaux pluviales, a permis non seulement d’économiser des ressources, mais aussi de développer un sol fertile in situ. L’objectif était de recréer des conditions propices à la végétation sans recourir à des terres importées, un défi relevé grâce à la collaboration de tous les acteurs impliqués.
L’expérimentation de techniques agroécologiques, comme l’implantation de lombriciens en collaboration avec l’INRA, a joué un rôle clé dans la biodynamisation des sols. En utilisant différentes espèces de vers de terre pour améliorer la structure du sol et favoriser la rétention d’eau, cette technique a permis de soutenir durablement le développement de la flore locale. Parallèlement, des protocoles de suivi rigoureux, notamment par tomographie, ont été mis en place pour évaluer les effets de ces interventions sur la vie du sol.
En somme, ce projet incarne une innovation écologique et technologique majeure en matière de réhabilitation urbaine, en réinventant la manière de gérer et de transformer des sols stériles en véritables écosystèmes vivants. Il ouvre la voie à des pratiques durables et économiquement viables, servant de modèle pour d’autres initiatives de renaturation des espaces urbains.
Une renaturation urbaine innovante
Les jardins du Pré Gaudry à Lyon sont un exemple emblématique de renaturation urbaine innovante. Le site industriel abandonné a retrouvé la vie. Au cœur d’un quartier dense et de son nouveau campus, il est devenu nouvelle destination, oasis urbaine de proximité, lieu de pause et de fraicheur.
Les concepteurs ont pris le parti d’une végétalisation forte et abondante. Les îlots boisés s’entremêlent avec des cheminements doux, une grande pelouse libre et un riche maillage de lieux à vivre. Sous une généreuse canopée, l’espace est optimisé, multipliant les ambiances et les usages.
La volonté partagée de concevoir un aménagement économe en ressource a conduit à privilégier l’économie circulaire et la fertilisation in-situ des sols. L’intelligence collective et l’enthousiasme créatif des acteurs du projet ont permis d’expérimenter de nouvelles techniques de réutilisation et redynamisation des terres inertes pour les transformer en sol vivant et fertile.
A l’heure de l’urgence climatique et de la nécessaire résilience de nos villes, les jardins de Pré Gaudry constituent ainsi un véritable laboratoire à ciel ouvert de la renaturation des friches urbaines en îlots de fraîcheur et de biodiversité.
Plus de cohésion sociale
Sur cette ancienne parcelle industrielle, la Métropole de Lyon a programmé deux équipements éducatifs importants : un nouveau collège de quartier, qui accueille 600 élèves et l’EM Business School, fréquentée par 5000 étudiants et enseignants.
Un espace apaisé
Plus qu’un simple parvis pour relier ces deux établissements et gérer les flux et l’accueil, l’ambition a été de créer pour ce nouveau campus un véritable jardin, un lieu de pause et de fraicheur, une nouvelle destination au cœur des quartiers denses de Gerland.
Espaces nature à vivre
Conçus pour ralentir le rythme urbain, les jardins de Pré Gaudry font la part belle au végétal, îlots boisés et massifs arbustifs, grande pelouse et cheminements doux, sans oublier les arbres de haute tige, densément plantés.
La conception de l’espace démultiplie les ambiances et les lieux à vivre, elle favorise l’appropriation et le confort. Les aménagements invitent à profiter des espaces conviviaux et multi-générationnels : grande prairie, solarium, salons végétalisés, grande table pour pique-niques, espaces de travail extérieur. La conception d’ensemble a su préserver le besoin de « voir et être vu », afin de préserver le sentiment de sécurité.
La biodiversité commence par les sols !
La force de ce projet a été de miser sur la réhabilitation des sols. Souvent négligés, les sols jouent pourtant un rôle primordial pour protéger et restaurer la biodiversité.
Une usine à terre
D’un côté un sol d’origine compacté et stérilisé. De l’autre côté, le refus d’apporter de la terre extérieure. Comment réussir alors à créer un jardin fortement végétalisé ? La seule option était de reconstituer et refertiliser les sols in-situ, un processus en plusieurs étapes: d’abord cribler et concasser les limons pour éliminer les rhizomes de Reynoutria japonica, plante invasive présente, puis composter sur site, enfin fertiliser par engrais verts. Quelques mois ont suffi pour produire ainsi le substrat nécessaire à l’ensemble du jardin.
Biodynamiser les arbres isolés
La biodynamisation des arbres isolés a ensuite permis d’augmenter le potentiel biologique des sols : des bactéries et/ou souches mycorhiziennes relevées sur place ont été répliquées en laboratoire puis inoculées au pied des arbres plantés.
Paillage vivant dans les massifs
Pour développer la vie du sol, augmenter sa capacité de rétention en eau et mieux protéger les plantations, un paillage vivant expérimental a été mis en place dans tous les massifs plantés : 3 types de lombriciens ont été apportés (inoculés) dans le sol.
Résilience climatique
Ombre et fraicheur
L’ambition partagée de faire du jardin de Pré Gaudry un îlot de fraîcheur de proximité au cœur de la Métropole a nécessité de travailler sur plusieurs fronts : un coefficient d’ombrage élevé, la désimperméabilisation complète des sols, l’infiltration des eaux pluviales sur tous les massifs jardinés et pelouses, un substrat continu, assurant la continuité de la trame brune sur toute la surface du jardin et la constitution d’un milieu complet avec trois strates de plantation : herbacées, arbustives et arborées.
La réalisation de cet îlot de fraîcheur a fait la part très belle au végétal : une canopée de 174 arbres plantés, un coefficient d’ombrage élevé et 5 600 m² de surface végétalisée, soit la moitié de l’espace réalisé.
Préserver l’eau
Le projet repose par ailleurs sur une gestion exemplaire de la ressource en eau, avec notamment des systèmes de récupération et d’infiltration des eaux pluviales, ainsi qu’un arrosage par submersion optimisé pour réduire le stress hydrique des plantes. 100% des eaux pluviales sont récupérées par infiltration des sols.
Trame brune
Enfin, la mise en œuvre d’une trame brune continue sur la totalité du jardin favorise la biodiversité et permet de ralentir le cycle de l’eau.
Améliorer le cadre de vie
Un véritable îlot de fraîcheur
Les Jardins du Pré Gaudry ont été conçus, avec le soutien de l’Agence de l’eau, comme un îlot de fraicheur propice au ressourcement des élèves, étudiants et habitants du quartier. Ils constituent un milieu naturel complet avec trois hauteurs de plantations et sont en mesure de donner beaucoup d’ombre en été.
Un cadre de vie apaisé
Le cheminement principal est complété de contre allées plus intimes à travers les massifs qui conduisent à de nombreux coins de détente et de repos. Le temps de la pause déjeuner, pour travailler sur la grande table extérieure entre deux cours, en attendant un ami ou en discutant avec un parent : la qualité des espaces paysagers forme un environnement calme et sécurisant pour tout le monde. La grande pelouse sud est un véritable espace de liberté. Elle conduit doucement vers l’allée Fontenay qui progresse au cœur de Gerland comme un poumon vert : c’est un cheminement privilégié pour les piétons, les poussettes et les personnes à mobilité réduite.
Une palette végétale locale et résiliente
La palette végétale des Jardins de Pré-Gaudry est constituée de trois strates : arborée, arbustive et vivaces/couvres-sol. Elle est issue d’une recherche sur les biotopes locaux de la région lyonnaise. Les végétaux sélectionnés sont pour la plupart indigènes, à part quelques exceptions, lorsque qu’un autre cultivar de même espèce présentait des caractéristiques morphologiques ou d’adaptation supérieures. Enfin quelques végétaux plus horticoles ou méditerranéens ont été ajoutés pour créer un intérêt toute l’année ou pour augmenter la biodiversité.
En plus des arbres tiges, des lignes d’arbres fastigiés en 30/35 viennent ponctuer le parcours. Leurs ports élancés en feront de véritables marqueurs de l’espace.
Les végétaux ont été fournis par des pépinières régionales.
En chiffres : 174 arbres plantés, 731 baliveaux, 1670 arbustes, 21 000 vivaces.
Création in-situ de terres fertiles
L’économie circulaire est au cœur du projet, avec un recyclage des sols en place, sans apport de terre extérieure. Le sol, autrefois stérile et compacté, a été régénéré grâce à une fertilisation in situ. La création d’un substrat fertile et continu permet le développement des racines et renforce la trame brune du jardin.
Des matériaux simples
Pour réduire les coûts d’entretien, les matériaux sélectionnés ont été choisis pour leur simplicité (béton, stabilisé).
Design général
Les jardins de Pré Gaudry à Lyon sont une illustration emblématique des réponses pratiques apportées par les infrastructures végétales aux problématiques urbaines actuelles : réponse aux enjeux climatiques, restauration et préservation de la biodiversité, restauration de cycle de l’eau, amélioration du cadre de vie, renforcement des liens sociaux, attractivité du territoire, bien-être des utilisateurs…
Au-delà de la demande initiale
La proposition d’aménagement retenue a largement dépassé la demande initiale, qui portait d’une part sur l’aménagement d’un parvis pour relier le nouveau collège et les nouveaux bâtiments de l’EM Lyon Business School, d’autre part sur le prolongement de l’Allée de Fontenay, axe structurant des quartiers Gerland.
Pièce de nature urbaine
La vision retenue était beaucoup plus ambitieuse. Non contente de se limiter à la gestion des flux piétons, elle a transformé l’esplanade en un véritable jardin et îlot de fraicheur. L’espace est devenu un lieu de vie, de détente et de nature, une nouvelle destination attractive. Ce jardin urbain, avec ses îlots boisés, sa grande pelouse de 2 500 m², et ses espaces de rencontre, offre une respiration au cœur des quartiers densément urbanisés de Gerland.
Démultiplier les usages
La conception démultiplie les usages, les lieux, les situations, proposant un maillage d’espaces conviviaux et multi-générationnels : salons de nature, tablée géante de 22 mètres, nombreux bancs qui encadrent les parvis des écoles, cheminements doux (« traboules lyonnaises »), gradins ouverts sur la pelouse, immense transat de 12 m de long à la grande prairie…
Le végétal en majesté
Ce qui frappe dans ce projet, c’est la place donnée ici aux végétaux : la moitié de l’espace est végétalisé et la forte présence des 174 arbres forme une canopée bienfaisante.
En plus des arbres tiges, des lignes d’arbres fastigiés en 30/35 ponctuent le parcours. Leurs ports élancés en feront de véritables marqueurs de l’espace. Plantés en alignement, ils reprennent les lignes directrices du projet.
Composées des strates arbustives et vivaces/couvres-sol, les strates basses offrent un jeu d’ouvertures et de fermetures visuelles. Elles participent à créer des fenêtres et des points d’appels tout au long de l’aménagement. Ces ouvertures permettent également la mise en sécurité des salons au cœur des massifs.
Par leurs floraisons, la couleur de leurs feuilles ou encore la texture de leurs bois, les espèces sélectionnées animent l’espace durant les quatre saisons.
Un projet régénérateur
Régénérer les sols
Pour limiter la consommation des ressources naturelles, les principes de l’économie circulaire sont au cœur du projet. Les sols d’origine, stériles et compactés, ont pu être régénérés grâce la combinaison de plusieurs techniques de fertilisation in-situ (compostage, biodynamisation, paillage de lombrics). Le substrat fertile ainsi produit a permis d’éviter tout apport extérieur de terre, préservant autant de terres agricoles.
Préserver la ressource en eau
L’objectif de n’avoir aucun rejet au réseau d’eaux pluviales a déterminé la conception des espaces publics : surfaces perméables maximisées, création de fosses continues, conception de massifs paysagers encaissés avec zone de stockage ; la grande pelouse est aussi un jardin de pluie et des fosses de Stockholm permettent l’infiltration des eaux pluviales tout en favorisant le développement racinaire des arbres.
Les sondes tensiométriques permettent en complément de réduire considérablement les arrosages.
Rafraichir la ville
L’ambition initiale de créer un îlot de fraîcheur de proximité au cœur de la Métropole a orienté les objectifs à atteindre : coefficient d’ombrage élevé, désimperméabilisation complète des sols, rétention & infiltration des eaux pluviales sur l’ensemble des massifs jardinés et pelouses, substrat continu, pour une trame brune continue sur toute la surface du jardin, constitution d’un milieu complet avec ses trois strates de plantation : herbacées, arbustives et arborées.
Facteurs économiques
L’approche durable et frugale de l’ensemble du projet a permis de réduire significativement les interventions d’entretien et les risques de dépérissement des végétaux.
Récupérer les eaux pluviales
L’objectif était de n’avoir aucun rejet d’eaux pluviales au réseau. Les surfaces perméables ont donc été maximisées : création de fosses continues et conception de massifs paysagers encaissés avec zone de stockage. Le trop-plein naturel est dirigé vers la grande pelouse, conçue comme un jardin de pluie. Sur la voirie, des fosses de Stockholm permettent l’infiltration des eaux pluviales et favorisent le développement racinaire des arbres.
Limiter les arrosages
Des sondes tensiométriques au niveau des arbres optimisent l’arrosage, le déclenchant avant que l’arbre ne soit en stress hydrique. Les végétaux bénéficient ainsi d’un meilleur enracinement et sont moins soumis aux variations de températures.
Peu d’entretien
La qualité des soins initiaux apportés au sol a permis de réduire les risques de perte des végétaux, tandis que la conception de massifs extensifs limitait les besoins d’interventions : palette végétale résiliente, prise en compte du développement à long terme des végétaux, mise en place d’un paillage. De plus, l’entretien du projet a été intégré dès le départ du projet (3 ans par l’entreprise, puis relais par les équipes de la ville).
Un projet innovant et source d’inspiration
Le projet de réhabilitation des jardins de Pré Gaudry se distingue par son caractère profondément innovant, en tant que laboratoire à ciel ouvert dédié à la reconquête des sols dégradés en milieu urbain. Il repose sur une démarche de co-construction et une ingénierie pédologique de pointe, visant à revitaliser un sol stérile en créant un anthroposol vivant et fertile, en limitant les apports extérieurs.
L’un des aspects les plus novateurs de ce projet est l’approche multidisciplinaire et locale de la refertilisation des terres. La désimperméabilisation complète des sols, combinée à des techniques avancées telles que le traitement mécanique de la renouée du Japon sur place, l’inoculation de lombrics et de bactéries, et la gestion intégrée des eaux pluviales, a permis non seulement d’économiser des ressources, mais aussi de développer un sol fertile in situ. L’objectif était de recréer des conditions propices à la végétation sans recourir à des terres importées, un défi relevé grâce à la collaboration de tous les acteurs impliqués.
L’expérimentation de techniques agroécologiques, comme l’implantation de lombriciens en collaboration avec l’INRA, a joué un rôle clé dans la biodynamisation des sols. En utilisant différentes espèces de vers de terre pour améliorer la structure du sol et favoriser la rétention d’eau, cette technique a permis de soutenir durablement le développement de la flore locale. Parallèlement, des protocoles de suivi rigoureux, notamment par tomographie, ont été mis en place pour évaluer les effets de ces interventions sur la vie du sol.
En somme, ce projet incarne une innovation écologique et technologique majeure en matière de réhabilitation urbaine, en réinventant la manière de gérer et de transformer des sols stériles en véritables écosystèmes vivants. Il ouvre la voie à des pratiques durables et économiquement viables, servant de modèle pour d’autres initiatives de renaturation des espaces urbains.
